Les aidants proches une nouvelle fois lâchés par le gouvernement ?
Les aidants proches une nouvelle fois lâchés par le gouvernement ?
12 mois de prolongation des allocations de chômage pour les aidants proches, et après ? Quels lendemains pour les aidants exclus du chômage non mobilisables en raison de l’aide intensive apportée à un proche ?
2026 avait commencé avec un cri d’alarme lancé par la société civile : les aidants proches allaient être les parents pauvres de la limitation dans le temps des allocations de chômage. Dans l’impossibilité de travailler ou de chercher du travail en raison de l’aide intensive apportée à un proche, qu’allaient-ils devenir ? Ils allaient aussi être exclus du revenu d’intégration sociale lorsqu’ils étaient cohabitants. Privés de rentrées financières à court terme par la perte de leurs allocations. Et à long terme parce que ne se constituant plus de droits pour leur pension.
En réponse au vent de panique, un amendement a été apporté à la réforme du chômage. Avec effet rétroactif au 31 décembre 2025. Une prolongation des allocations de chômage de 12 mois maximum était votée pour les aidants proches reconnus, avec la possibilité d’obtenir cette reconnaissance rétroactivement. Assortie de la promesse des ministres Vandenbroucke et Clarinval de travailler à un véritable statut pour les aidants proches.
2026 touche à sa fin et, avec lui, la prolongation des allocations de chômage pour les aidants proches des vagues successives d’exclusion du chômage. Mais le handicap lourd d’un enfant, la maladie dégénérative d’un proche, les situations de grande dépendance ne se terminent pas avec l’année civile. Les mesures du plan d’action présenté en juin par le ministre Vandenbroucke ne prévoient rien au-delà du 31 décembre 2026 pour les exclus du chômage et ne répondent pas aux besoins concrets des aidants proches : besoin d’un revenu suffisant à court et à long terme et besoin de droits sociaux maintenus. Qu’en est-il du statut social et juridique annoncé par les ministres Vandenbroucke et Clarinval ? de la loi sur les aidants proches annoncée dans le plan d’action ? Pour les aidants proches, il y a urgence.
Le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées (CSNPH) rappelle avec insistance que l’aide proche n’est ni un choix ni une solution de confort et constitue souvent le dernier recours face à une situation grave, faute de services suffisants et adaptés. La décision d’aider un proche de manière intensive et à long terme a un impact déterminant sur la carrière professionnelle, les revenus, les droits sociaux et peut impliquer la précarité, hypothéquer l’accès aux soins de santé de l’aidant proche lui-même et conduire à la pauvreté structurelle.
Voir l'avis 2026/09 du CSNPH consacré aux aidants proches.